dimanche 5 juillet 2015

Darkwind

Darkwind - Mécanique infernale

 Darkwind

Mécanique infernale - Tome 1

de Sharon Cameron

Titre original : The Dark Unwinding






Sharon Cameron est une romancière américaine, elle vit à Nashville dans le Tennessee.
En dehors de l'écriture, Sharon consacre beaucoup de temps à des activités bénévoles : elle est généalogiste, Présidente d'un groupe de théâtre, coordonnatrice d'une société d'auteurs et illustrateurs.
Elle est aussi une maman très occupée.


Bibliographie

2012 "The dark unwinding" T1
2013 "A spark unseen" - T2
2015 "Rook"






la 4ème de couverture
Titre original
Angleterre, 1852. Katharine est envoyée par sa tante et tutrice au manoir de Darkwind où vit son oncle Tulman. Elle doit prouver que celui-ci a perdu la raison et le faire interner pour qu’il cesse de dilapider la fortune familiale. À Darkwind, Katharine rencontre un vieil homme excentrique, mais surtout génial, qui se consacre à l’invention d’automates extraordinaires. Rares sont les privilégiés qui ont le droit de pénétrer dans son atelier. Parmi eux, Lane, son ombrageux apprenti et Ben, un brillant étudiant en sciences. Tous deux défendent farouchement Tulman par dévouement mais aussi parce qu’il fait vivre sur son domaine des centaines de personnes qu’il a arrachées à la misère. Bien vite, Katharine doute : l’héritage familial mérite-t-il qu’on y sacrifie son oncle et les familles qu’il protège ? A la demande insistante des domestiques de l’oncle Tulman, Katharine accepte de rester un mois à Darkwind avant de prendre une décision. Trente jours au cours desquels elle se rendra complice d’espionnage, échappera de justesse à la mort et tombera amoureuse… 



Mon avis

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération "Masse critique Babelio".
Comme c'est un roman destiné à la jeunesse, je me suis impliquée dans l'histoire en tant qu'adolescente (enfin j'ai fait mon maximum !) afin de rendre ma critique la plus juste possible.
Ma première remarque concerne l'écriture de Sharon Cameron que j'ai trouvée très adaptée au public visé. Les descriptions sont précises mais ne s'étendent pas inutilement. Le rythme est plutôt rapide, les événements s'enchaînent  ce qui peut éviter l'ennui des jeunes lecteurs.
Ma seconde remarque porte sur le contenu : on se laisse facilement prendre par l'intrigue et par des personnages très attachants. La chronologie est cohérente et l'illustration des inventions extraordinaires de l'oncle loufoque est assez pertinente.
C'est un livre que je pourrais offrir sans hésiter, plutôt à une fille car ce roman m'a semblé d'une sensibilité plutôt féminine par son cadre et ses protagonistes. C'est romantique, légèrement gothique, un soupçon envoûtant et mystérieux. Il m'est arrivé aussi, au cours de cette lecture, d'avoir une petite pensée pour Jules Verne...
Pour conclure, j'ai trouvé ce livre très sympathique !

Le début de l'histoire...



Quelques extraits

"J'ai senti une pression sur ma nuque, impossible de savoir si c'était mes cheveux qui se hérissaient d'horreur ou bien ma propre main qui m'enserrait le cou."

"J'ai relevé la tête. J'avais raté le chemin menant au potager. Darkwind se dressait face à moi, dans toute son immensité, ses pierres ocre me renvoyaient les rayons du soleil en plein visage. Une brise violente soulevait mes cheveux dans mon dos."

Abbaye de Welbeck en Angleterre dont s'est inspirée Sharon

dimanche 21 juin 2015

Le fille de papier



"La fille de papier"
de
Guillaume Musso


4ème de couverture

«Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
- D’où sortez-vous ?
- Je suis tombée.
- Tombée d’où ?
- Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi !»
Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans. Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible? Et pourtant ! Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel... 

Mon avis

C'est le seul livre que j'ai lu de cet auteur à succès. J'avais un apriori plutôt négatif car généralement je ne lis pas ce genre de roman. J'ai bien fait de ne pas rester enfermée dans mes habitudes et mes préjugés, car même si l'écriture est sans surprise, l'histoire elle, est prenante et très bien construite.
C'est une lecture "vacances", mais franchement c'est très sympa à lire !


Quelques extraits ?

"- Tu te rends compte tout de même que tu es en train de te détruire pour quelque chose qui n'existe pas ?
- L'amour, ça n'existe pas ?
- L'amour, ça existe sûrement. Mais toi, tu adhères à cette théorie débile de l'âme sœur. Comme s'il existait une sorte d'emboitement parfait entre deux individus prédestinés à se rencontrer...
- Ah bon, c'est débile de croire qu'il existe peut-être quelqu'un capable de nous rendre heureux, quelqu'un avec qui on aurait envie de vieillir ?
- Bien sûr que non, mais toi, tu crois à autre chose : à cette idée qu'il n'y aurait sur cette Terre qu'une seule personne faite pour nous. Comme une sorte de part manquante originelle dont on aurait gardé la marque dans notre chair et dans notre âme."

"Un peu de toi est entré en moi pour toujours et m'a contaminé comme un poison"

"Je voulais que tu comprennes ce qu'est le vrai courage, au lieu de t'imaginer que c'est un homme avec un fusil à la main. Le vrai courage, c'est de savoir que tu pars battu, mais d'agir quand même sans s'arrêter."

"Vivre dans la fiction n'est pas une solution de long terme, pas plus que de prendre de la drogue ou de se soûler pour oublier sa misère.
On n'y peut rien : à un moment ou à un autre, la vie réelle finit toujours par reprendre ses droits sur l'imaginaire."

Et si...

"Terre des oublis"
 de
Duong Thu Huong

L'auteur

DUONG THU HUONG est née en 1947 au Vietnam, Militante, elle n'a cessé de défendre vigoureusement ses engagements démocratiques, au point finalement d'être exclue du parti communiste en 1990, avant d'être arrêtée et emprisonnée sans procès. Aujourd'hui, elle vit en résidence surveillée à Hanoï.
Son œuvre est publiée dans le monde entier : Terre des oublis est son sixième livre traduit en français. (Sabine Wespieser Editeur)

Extrait de la 4ème de couverture

Alors qu'elle rentre d'une journée en forêt, Miên, une jeune femme du Hameau de la Montagne, situé en plein cœur du Vietnam, se heurte à un attroupement : l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant, dont la mort comme héros et martyr avait été annoncée depuis longtemps déjà, est revenu. Miên est remariée avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu'elle aime et avec qui elle a un enfant. Bôn, le vétéran communiste, réclame sa femme. Sous la pression de la communauté, Miên, convaincue que là est son devoir, se résout à aller vivre avec son premier mari.


Mon avis

Un choc ! Ce livre est une pure merveille. 
L'histoire se déroule sous la forme d'un roman choral à trois voix. Un triangle amoureux, qui n'en n'est pas un, mais qui touche pourtant trois innocentes victimes.
Le lecteur plonge alternativement dans les pensées de chacun des acteurs de cette tragédie et se voit impliqué dans leurs introspections grâce à un jeu d'écriture en italique qui ponctue les paragraphes.
Le "Sergent" est là aussi de temps en temps. Personnage d'ombre, sorti de terre, mort au combat dans les bras de Bôn. Il revient quand son meilleur ami ne parvient plus à faire surface et devient le confident, le conseiller, comme les héros imaginaires le sont pour les jeunes enfants.
Un livre intense donc, dans une période d'après guerre où la majeure partie de la population a pour préoccupation principale de trouver le bol de riz qui nourrira sa famille. Un univers de pauvreté, de dénuement, de prostitution dans un Vietnam encore meurtri des suites de la guerre, mais aussi enfermé dans des principes et des traditions archaïques.
Se pose alors la question du libre arbitre. Peut-on, et doit-on accepter les facéties cruelles du destin ? L'amour ou l'honneur ?
J'ai beaucoup aimé l'approche de l'auteur, car le schéma comportemental et psychologique de chacun des personnages est admirablement bien dépeint.
Chacun des protagonistes m'a touché : Miên pour son admirable abnégation, Hoan pour son comportement digne et exemplaire, et Bôn parce qu'il est probablement celui pour qui la vie s'est montrée la plus sévère et la plus injuste.
Pourtant, je me suis quand même posée cette question : et si... ?

Et si vous lisiez ce livre ? 

 

Quelques extraits

"La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur... La femme est plus clairvoyante que l'homme sans doute justement grâce à ce fond obscur de son âme où l'intelligence s'arrête, où l'intuition érige ses antennes invisibles mais efficaces."

 "Et pourtant, il lui avait fait l'amour avec condescendance, froideur et mépris comme Miên avec lui maintenant. Il goûtait le fruit amer que la jeune Laotienne avait dû goûter.

"Mon fils, sais-tu quel est le pire ennemi de l'homme ? Ce ne sont ni les barbares, ni les agresseurs, ni les riches malhonnêtes, c'est l'indécence. Et l'indécence, c'est toujours à nous que nous la devons."

"Le pays natal n'a de sens que si on y trouve un toit chaleureux. Là où on trouve ce toit, là est le pays natal."

"Hoan aimait le contact avec un homme qui était exactement son opposé, comme un enfant effrayé par les fantômes adore écouter des histoires de fantômes. C'est peut-être grâce à ceux qui ont un regard et des sentiments différents des nôtres sur la réalité que nous avons la chance de nous remettre en question, de sonder les zones obscures au tréfonds de notre âme, que nous ne voyons jamais tant que nous vivons au milieu des gens qui nous ressemblent."

dimanche 7 juin 2015

Life list...



"Demain est un autre jour"
de Lori Nelson Spielman



La romancière


Lori Nelson Spielman est américaine et vit dans le Michigan. Elle exerce le métier d'enseignante. "Demain est un autre jour" (Life list) est son premier roman.

Après le succès de ce premier roman vendu à plus de 250 000 exemplaires, elle vient de publier le second "Un doux pardon", dont les premières critiques confirment le talent de l'écrivaine et l'engouement de ses lecteurs.





4ème de couverture

A la mort de sa mère, Brette Bohlinger pense qu'elle va hériter de l'empire cosmétique familial.
Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu'un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu'elle valait vivre, rédigée lorsqu'elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d'héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list... Mais Brett d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec la jeune fille de l'époque, et ses rêve d'adulte sont bien différents.
Enseigner ? Elle n'a aucune envie d'abandonner son salaire confortable pour batailler avec des enfants rebelles. Un bébé ? Cela fait longtemps qu'elle y a renoncé, et de toute façon Andrew, son petit ami avocat, n'en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? les circonstances ne s'y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C'est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que...

L'histoire commence....



Mon avis


Ce livre m'a beaucoup étonné. Je ne m'attendais pas, pour un premier roman, à une écriture aussi juste, précise et émouvante.
L'histoire commence avec le décès d'une maman... Une maman très proche de sa fille, une maman affectueuse, toujours présente jusqu'au jour où la maladie l'emporte. (et oui, on commence fort côté émotion...)

Même si l'histoire est souvent prévisible et que c'est un peu "cousu de fil blanc" on se laisse bien vite prendre au jeu. J'ai trouvé que Lori Nelson traduisait très bien la relation intense et intime entre la mère et la fille.
C'est plutôt un roman féminin, tendre et divertissant, plein de délicatesse, de bons sentiments et de larmes aussi...
Un livre facile donc, mais qui mérite certainement d'être lu.
Je viens d'acheter le second "Un doux pardon". C'est une preuve de qualité ça non ??


Quelques extraits


"Tu sais, j'attends que tu me parles d'un amour véritable, celui qui interrompt les battements de ton cœur, un amour pour lequel tu serais prête à mourir."

"L’amour est imprévisible. Si on pouvait choisir la personne dont on tomberait amoureux, tu crois que j’aurais choisi une femme qui vit à plus de trois mille kilomètres de chez moi ?"

"En tant que mères, notre tâche n’est pas d’élever des enfants, mais d’élever des adultes."

"Comme chaque personne saine d'esprit, vous êtes en quête d'une relation dans laquelle vous vous sentez protégée, grandie et aimée. Vous vous attendiez à ce que votre père subvienne à ces besoins. Et il le fera peut-être. Mais ces besoins peuvent être comblés par d'autres moyens."

jeudi 28 mai 2015

Le Major et l'épicière

La dernière conquête du Major Pettigrew
d'Helen Simonson



La romancière, Helen Simonson...


Née en Angleterre, Helen Simonson vit aujourd'hui à New York. Elle a passé son enfance dans l'East Sussex, ce "pays littéraire" où vécurent notamment Henry James, Rudyard Kipling et Virginia Woolf, et dans lequel elle puise encore une grande partie de son inspiration. 
Helen Simonson est diplômée de la célèbre L.S.E. (London School of Economics)
Phénomène de librairie en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, où il est resté plusieurs semaines en tête des listes des meilleures ventes, la Dernière Conquête du major Pettigrew est son premier roman. (Editions NiL - 2012)




Ce qu'en dit la 4ème de couverture...

A Edgecombe Saint Mary, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l'heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger. Désormais veuf, ce parfait gentleman retraité du Royal Sussex a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling, et quelques amis du club de golf - tous occupés à fuir leurs dames patronnesses. Et ce n'est guère son fils, dévoré par l'ambition et les jeux de pouvoir de la City, qui saurait être le complice de ses vieux jours.
Quand l'amour se présente soudain à lui sous les traits de la douce Madame Ali - l'épicière d'origine pakistanaise et de confession musulmane -, la communauté villageoise s'émeut, l'équilibre familial vacille. Le major, si respectueux des traditions, saura-t-il mener sa dernière conquête contre les convenances, la vox populi et... lui-même ?

Mon avis...

Un livre qui se lit tout doucement, parce qu'il est délicat et qu'il fourmille de petites phrases aux accents "British".
Je mentirais si je disais que j'ai adoré ce livre, cependant j'y ai trouvé beaucoup de finesse et de sensibilité. 
Un brin émouvante, légèrement désuète,  cette histoire d'amour entre un retraité et une épicière pakistanaise peut séduire les "lover of " romans britanniques...

Le début de la romance...



Quelques extraits ?

"- De nos jours, les hommes attendent de leur femme qu'elle soit aussi époustouflante que leur maîtresse.
- C'est atroce. Comment donc les distingueront-ils l'une de l'autre ?"

"Il avait oublié que le chagrin ne décline pas en ligne droite ou suivant une courbe lente, comme un graphique dans le livre de mathématiques d'un enfant.
Au lieu de quoi, tout se passait comme si son corps renfermait un monceau de détritus de jardin, avec de lourdes mottes de terre et des buissons aux épines acérées qui le piquaient au moment où il s'y attendait le moins."

"Pas de religion, pas de politique, le sexe seulement à travers des allusions... pas étonnant que vous, les Britanniques, soyez obsédés par la météo, mon chéri"

lundi 25 mai 2015

Au plus près de l'empathie....





 Les Lisières
Olivier Adam



Extrait de la 4ème de couverture

Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents "pour une fois", son père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence.
De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui. En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin sa place.




L'auteur

Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s'est installé à Saint-Malo.


Bibliographie - ses livres les plus populaires
Je vais bien, ne t'en fais pas  (adapté au cinéma)
Des vents contraires (adapté au cinéma)
Le cœur régulier
Passer l'hiver 
Falaises
A l'abri de rien
Peine perdue...




Mon avis

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Les premières pages peuvent sembler un peu longues et sombres mais il serait dommage de se laisser décourager.
Il est vrai que l'histoire d'un homme déprimé suite à une rupture et la séparation d'avec ses enfants est un thème qui suscite l'affliction plutôt que l'enthousiasme !
C'est un roman intimiste dans lequel Paul, personnage central, se livre sans pudeur sans pour autant s'infatuer.
Dans cette histoire, on balance entre des échanges tantôt prosaïques, tantôt conflictuels avec le père de Paul, on vit une relation éphémère mais sulfureuse avec une ancienne amie, on partage les retrouvailles avec de vieux copains, et on jette un regard acerbe sur la politique et sur la vie en banlieue. En résumé, on ne s'ennuie pas : on partage, on compatit, on sourit, on pleure...
Olivier Adam est  un écrivain capable d'évoquer les sentiments sans jamais tomber dans la sensiblerie. Son écriture sans compromission est bouleversante de justesse.  L'analyse psychologique est fine et pertinente. Son regard sur la politique, l'actualité et la société est proche du mien, c'est probablement une raison supplémentaire pour qu'Olivier Adam me soit aussi sympathique.

Les tribulations d'un jeune médecin...



 Les confessions de Mr Harrison
d'Elizabeth Gaskell




L'auteure

Elizabeth Gaskell fait partie de la grande et talentueuse cohorte des romancières anglaise du XIXe siècle, aux côtés de Jane Austen, Charlotte, Emily et Anne Bronté et George Eliot.
Ses romans et nouvelles se distinguent par leur charme, leur vivacité, leur humour, leur intelligence et même leur courage, si l'on songe au tollé que soulevèrent au moment de leur parution certains d'entre eux, jugés beaucoup trop progressistes par une partie de la bourgeoisie d'outre-Manche. Malgré ses nombreuses occupations, cette femme de pasteur et mère de quatre fille a trouvé le temps de laisser à la postérité une œuvre foisonnante. (Éditions de l'Herme - 2010)
 

Bibliographie - ses romans les plus connus

Nord et Sud
Femmes et filles
Cranford
Les amoureux de Sylvia
La sorcière de Salem
Ruth
Mary Barton
etc...








Voici ce que l'on découvre en 4ème de couverture
Tout en cheminant jusque chez moi, Jack me dit : " Ma parole, Frank ! Ce que j'ai pu m'amuser avec la petite dame en bleu. Je lui ai dit que tu m'écrivais tous les samedis pour me raconter les événements de la semaine. Elle a tout gobé. " Il s'arrêta pour rire, car il était secoué par de tels accès, de tels spasmes d'hilarité, qu'il n'était plus en état de marcher.     
"Et je lui ai dit aussi que tu étais amoureux fou, nouveau spasme, d'une personne dont je n'avais pas réussi à t'arracher le nom, mais qui avait des cheveux châtain clair - bref, j'ai peint d'après nature et décrit avec précision tout ce que j'avais sous les yeux ; puis j'ai ajouté que je voulais à tout prix voir ta bien-aimée et la supplier d'avoir pitié de toi, car avec les femmes tu étais le garçon le plus timoré, le plus poltron du monde.
" À ces mots, il fut saisi par une crise de fou rire si violente que je crus qu'il allait rouler sur le pavé. " [...] Je finis par être obligé de rire, si furieux que j'eusse été jusque-là; son impudence était irrésistible."

Mon avis
Il ne faut pas s'attendre à un livre palpitant dans lequel une intrigue vous tiendrait en haleine page après page. Non. Ce court roman se lit très sereinement. On y trouve quelques préoccupations des milieux favorisés de l'époque, comme les réceptions, les promenades en calèche, le qu'en-dira-t-on... mais aussi des amourettes et des quiproquos.
L'écriture d'Elizabeth Gaskell est souvent ironique, presque malicieuse. On s'amuse des tribulations d'un jeune médecin de campagne en quête d'une future compagne. Convoité et attiré tour à tour, ce jeune homme découvre le petit monde qui peuple le village de Duncombe et finit par y trouver sa place après quelques péripéties parfois cocasses !
C'est un livre que j'ai bien aimé pour la plume de l'auteure et pour le côté frais de l'histoire. Si on ajoute à ceci, l'époque, l'humour "So British, le sarcasme à peine déguisé de l'écrivaine, on comprendra que j'ai lu les dernières pages avec le sourire !