vendredi 28 octobre 2016

Madame Hemingway de Paula McLaine


Madame Hemingway
Paula McLaine 

Editions Buchet - Chastel - 2012


Mon avis

"J’ai appris à ne jamais tarir le puits de mon inspiration, à toujours m’arrêter quand il restait un peu d’eau au fond et à laisser sa source le remplir pendant la nuit." H. Hemingway

Après avoir lu le livre de Paula McLaine, cette citation d'Ernest Hemingway ne m'inspire plus la même émotion. Écrivain de génie, il est ici également présenté comme un personnage égoïste, prétentieux, colérique et imbu de lui-même. Son égo démesuré trouve sa résonance auprès de Hadley Richardson, jeune femme intelligente et droite qui souffre des excès de son mari. 
Leur histoire est certes une histoire d'amour passionnée, mais l'abnégation de l'épouse fidèle inspire plus souvent la pitié que l'admiration. 
Même si ce roman est une fiction où les personnages sont imaginaires, l'auteur a cependant eu à cœur de rester au plus près de la vérité en s'inspirant de sources historiques et de faits réels.
Pour le style, j'ai nettement préféré le roman "l'aviatrice" sorti en 2015 qui m'a semblé plus abouti.
Madame Hemingway est un bon livre pour plonger dans l'ambiance Parisienne d'après guerre et découvrir l'univers des écrivains de cette époque toujours à la recherche d'inspiration. Dans ce roman Ernest Hemingway a trouvé la sienne, mais d'où vient sa source ?

Résumé de l'éditeur

Chicago, octobre 1920. Sur un air de jazz de La Nouvelle-Orléans, la douce Hadley Richardson, tout juste arrivée du Missouri, rencontre un garçon de vingt ans, grand, svelte, cheveux noirs et yeux noisette. Avec à la joue droite une irrésistible fossette.
Il s’appelle Ernest Hemingway et fascine l’assistance par ses récits sur la Grande Guerre dont il est rentré blessé…
Hadley succombe aux yeux de braise du jeune homme. Elle a vingt-huit ans, elle ignore tout du jazz mais joue Rachmaninov avec passion…
Après un mariage éclair, les Hemingway, follement amoureux, embarquent le 8 décembre 1921 à bord du Leopoldina pour Paris la trépidante. Ils se retrouvent vite au cœur d’une « génération perdue » d’écrivains anglo-saxons expatriés où figurent déjà Gertrude Stein, Ezra Pound, James Joyce et Scott Fitzgerald…

mercredi 26 octobre 2016

New York Esquisses Nocturnes



New York Esquisses Nocturnes
de Molly Prentiss

Editions Calmann-Lévy - août 2016

Résumé de l'éditeur


Au début des années 80, le downtown de New York est le centre de l’univers, un terrain de jeu revêche, encore hermétique à la menace de l’embourgeoisement. Artistes et écrivains s’y mêlent dans des squats insalubres où leurs rêves de reconnaissance prennent des formes multiples. Parmi eux, Raul Engales, un peintre argentin en exil, fuyant son passé et la « guerre sale » qui a enflammé son pays. S’affamant pour payer son matériel, il peint le jour d’immenses toiles mettant en scène les spectres qu’il croise la nuit. 
Un soir, il attire l’attention de James Bennett, critique d’art en vogue du New York Times, proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring. Tandis que l’ascension fulgurante de l’un entraîne l’autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Dans ce chaos, Lucy, l’amante enjouée de Raul, échappée d’une obscure banlieue de l’Idaho, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant.

Mon avis

Vous avez aimé le livre de Jonathan Gibbs "Randall" ? Alors vous pouvez tenter l'expérience avec celui-ci. L'histoire que nous propose Molly Prentiss se situe, elle aussi, dans l'univers si particulier des artistes contemporains souvent atypiques et marginaux.
Si j'ai aimé ce roman pour son ambiance, pour ses références artistiques nombreuses et l'intérêt que j'ai porté à certains protagonistes bien sentis, j'ai tourné certaines pages un peu plus vite sans doute par lassitude.
Mais ne boudez pas pour autant cette lecture. Après quinze jours, je perçois encore l'atmosphère surprenante de ce livre.
Parfois dérangeant, souvent original ce roman pourra être apprécié comme un tableau qui attire l’œil mais pour lequel un seul regard ne suffit pas pour en percevoir toute l'intensité ! Celui-ci est tellement coloré !

jeudi 20 octobre 2016

Repose-toi sur moi




Repose-toi sur moi
Serge Joncour - Flammarion septembre 2016


Résumé de l'éditeur

Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s'y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l'affrontement mais ils finissent par apprendre à se connaître. ©Electre 2016


Mon avis

J'aime l'écriture de Serge Joncour, j'attendais son nouveau roman avec impatience. Ludovic c'est presque Franck de "L'amour sans le faire", l'homme sensible, franc, attaché aux valeurs du monde paysan, avec ce soupçon de fragilité et de vulnérabilité qui le rend si attachant et attirant. La bienveillance naturelle de Ludovic trouve rapidement écho auprès d'Aurore, jeune femme fragile, intelligente et un peu perdue.
Si j'ai complètement adhéré à l'histoire d'amour cachée et à l'analyse très fine des comportements réciproques, j'ai un peu moins apprécié l'intrigue qui m'a parfois semblé rocambolesque. Mais peu m'importe, c'est pour son écriture sensible que j'aime cet auteur, le reste c'est le papier cadeau !
Merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour leur confiance.


Quelques extraits 

"Peut-être que ça existait ça, un homme qui donne du courage, un inconnu qui vous soutient quand les vôtres ne pensent même plus à le faire et que soi-même on ne veut pas leur demander."

"Quand d'un coup on s'embrasse, c'est que vraiment on n'en peut plus de cette distance, même collés l'un à l'autre on a la sensation d'être encore trop loin, pas assez en osmose, de là vient l'envie de se fondre, de ne plus laisser d'espace."

"- Le corbeau, vous savez comment on le prépare ici ? reprit le patron.
- Ne me dites pas que vous le cuisinez ?
- Si, on le met au four avec un caillou, et quand le caillou est cuit c'est que le corbeau est prêt..."


dimanche 11 septembre 2016

Je m'en vais



Je m'en vais

Jean Echenoz 
Les Editions de Minuit - octobre 1999

Mon avis

Je rencontre l'écriture de Jean Echenoz avec ce titre et j'en suis ravie.
Superbe plume. Une maîtrise parfaite.
Il me semble que cet auteur pourrait transformer une  histoire ordinaire en chef d'oeuvre.
J'ai aimé le sarcasme en demi-teinte, l’œil amusé, que Jean Echenoz a apporté dans son récit. 
Son personnage central, Ferrer est tout à fait crédible et proche du lecteur.
Ce n'est pas une intrigue haletante que l'on trouve ici, mais l'histoire d'une vie presque ordinaire qui devient petit à petit peu commune...
A découvrir sans hésiter !




Résumé de l'éditeur

Ce n’est pas tout de quitter sa femme, encore faut-il aller plus loin. Félix Ferrer part donc faire un tour au pôle Nord où l’attend, depuis un demi-siècle, un trésor enfoui dans la banquise.

Quelques extraits


"Mais les paroles, une fois émises, sonnaient trop brièvement avant de se solidifier : comme elles restaient un instant gelées au milieu de l'air, il suffisait de tendre ensuite une main pour qu'y retombent, en vrac, des mots qui venaient doucement fondre entre vos doigts avant de s'éteindre en chuchotant."

"On les connaît, ces échanges de coups d’œil intrigués que s'adressent à première vue mais avec insistance deux inconnus l'un à l'autre et qui se plaisent aussitôt au milieu d'un groupe."

"Entrés en vigueur en 1995, les accords de Schengen instituent, on le sait, la libre circulation des personnes entre les pays européens signataires. La suppression des contrôles aux frontières intérieures, ainsi que la mise en place d'une surveillance renforcée aux frontières extérieures, autorisent les riches à se promener chez les riches, confortablement chez soi, s'ouvrant au plus grand les bras pour mieux fermer aux pauvres qui, supérieurement bougnoulisés, n'en comprennent que mieux leur douleur."

Le dernier des nôtres



Le dernier des nôtres
Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Grasset - août 2016





Mon avis

Rien d'extraordinaire dans ce roman. 
L'histoire se raconte sur deux périodes : 1969-78 et 1944-1945.
Les stéréotypes, le pseudo-romantisme mièvre, les clichés américains beaucoup trop présents dans la partie des années 70 m'ont particulièrement agacée. L'auteur affadit ses personnages, les dépouille d'authenticité et les élève à la hauteur d'un téléfilm.  
La deuxième période me semble beaucoup mieux traitée. On sent que l'auteur maîtrise parfaitement les événements historiques liés à de cette période trouble de l'histoire. Les protagonistes y trouvent leur place et sont crédibles. On peut enfin se laisser prendre dans l'intrigue qui commence. 
C'est une lecture facile qui trouvera probablement son public.
Pour moi, c'est un roman "à cloche-pied". J'ai gardé un pied au sol une fois sur deux... 

Adélaïde de Clermont-Tonnerre



Résumé de l'éditeur


« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d'un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant... Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.
Vous ne dormirez plus avant de découvrir qui est vraiment « le dernier des nôtres ».



 

L'amie prodigieuse



L'amie prodigieuse

TOME 1 - Enfance, adolescense.

Elena Ferrante - Gallimard / Folio



Elena Ferrante

Résumé de l'éditeur

«Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.» 
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. 


Mon avis
La photo de couverture, au premier regard, laisse entrevoir deux petites filles rieuses, insouciantes, innocentes.
En y regardant d'un peu plus près... ce blouson semble un tantinet trop grand, les bottillons disgracieux, les coiffures mal soignées. 

L'environnement de Lena et Lila est celui de la misère des quartiers pauvres de Naples dans les années 1950. Une misère indéfectible qui contamine inlassablement les familles pour en faire des êtres durs, insensibles et violents. L'éducation devient un luxe dans cette mouise.
Pourtant, au milieu de ce monde rustre, sauvage et poisseux, une amitié forte va naître entre une petite fille calme et studieuse et une gamine crâne, intrépide et brillante.
Elena Ferrante donne vie à une relation vraie mais curieuse entre les deux enfants. Pour donner de la force à cette entente singulière, elle utilise un vocabulaire incisif, des phrases qui ne laissent aucune place au sentimentalisme et à la tendresse.
Bien au contraire, le lecteur plonge immédiatement dans l’âpreté du quotidien et dans l'agressivité latente. 
Avec cette auteure, ce n'est pas gratuit : l'amour, l'amitié, on les devine, on gratte, on fait une pause, on réfléchit un peu... oui ils sont bien là les sentiments, englués dans cette misère quotidienne où l'épanchement n'a pas sa place.
Quelle intensité !

Quelques extraits

"Si tu me payes, c'est moi qui me chargerai de lui faire suivre des études, disait Rino.
- Des études ? Pourquoi, j'ai fait des études, moi ?
- Non.
- Et toi, tu as fait des études ?
- Non.
- Alors pourquoi ta sœur devrait en faire alors que c'est une fille ?"

"Tout à coup les cris cessèrent, et quelques instants plus tard mon amie vola par la fenêtre, passa au-dessus de ma tête et atterrit derrière moi, sur le bitume.
Je restai bouche bée. Fernando se mit à la fenêtre, hurlant toujours d'horribles menaces à sa fille. Il l'avait lancée comme un objet.
Je la regardai consternée tandis qu'elle tentait de se relever et me disait avec une moue presque amusée : "Je me suis même pas fait mal !"
Mais elle saignait et s'était cassé le bras.

vendredi 15 juillet 2016

Tu comprendras quand tu seras plus grande.




Tu comprendras quand tu seras plus grande


Virginie GRIMALDI
Editions FAYARD - Avril 2016

Mon avis

C'est un coup de cœur ! 
Formidable roman intergénérationnel qui plaira autant aux jeunes adultes qu'aux lecteurs aux cheveux blancs.
Ce livre est très facile à lire grâce à des chapitres très courts et une succession d’événements qui s'enchaînent simplement.
L'histoire est prenante, les protagonistes très attachants, le tout est traité avec humour et sensibilité... vraiment un excellent moment à passer. C'est assurément un livre pour les vacances, un livre qui fait du bien.
Si vous aimez l'humour de "Bridget Jones" ce roman devrait vous plaire. 
On éclate de rire, on a les yeux de piquent, et quand enfin on referme le livre on se dit qu'ils vont tous nous manquer...
Merci à Babelio et aux éditions Fayard pour ces rires et ces larmes !

Résumé de l'éditeur


Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.

C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur.


dimanche 10 juillet 2016

Ballon, redeviens tout rond !



Ballon, redeviens tout rond !

Lisez-moi - Editions Tartamudo - CREPE 2016


Résumé de l'éditeur


L’album jeunesse Ballon, redeviens tout rond ! est le fruit d’un partenariat entre les éditions Tartamudo et le CRFPE (Centre Régional de Formation des Professionnels de l’Enfance). Cette association située à Lille est parmi les plus importantes dans son domaine. Voire, le principal organisme en France de formation des éducatrices en direction de la petite enfance.
Les personnages de cette publication ont tous une particularité qui les empêchent parfois de jouer ensemble.
Cela les amène donc à réfléchir à trouver une solution commune, qui de ce fait leur fait créer ensemble un ballon qui convienne à toutes et tous. C’est ce qui donne le titre de l’ouvrage, accessible au plus grand nombre, Ballon, redeviens tout rond !
Des éléments tactiles au nombre de 12 sont répartis au cours des pages de cette production, cela afin d’éveiller autant les sens sensoriels que la réflexion des petits lecteurs.


Mon avis

Ce livre me semble un excellent support pédagogique pour des élèves de grande section de maternelle ou de CP, même s'il peut également être un bon livre pour l'histoire du soir des tout petits
Parents ou enseignants pourront aborder des sujets comme l'intégration, le partage, les différences, mais aussi enrichir le vocabulaire des enfants.
On découvre dans cet ouvrage de très belles illustrations douces mais colorées, riches sans être surchargées. 
On identifie très facilement ces habitants de l'océan grâce à une représentation sous forme de petits jouets en feutrine, qui donne aux personnages un côté sympathique et ludique.
Le support audio (C.D.) reprend le texte en plusieurs langues. Originaire du Nord de la France, j'ai particulièrement apprécié la plage 10, en patois local. Explosion de rire ! C'est excellent... 
La petite chanson d'accueil est facilement exploitable tant par la rythmique que par la richesse du vocabulaire (vaillant, frêle, s'entraider...)
Pour toute ces raisons, je recommande vivement ce livre, reflet d'un réel travail pédagogique sur des valeurs humaines primordiales.
Merci à Babelio aux Editions Tartamudo pour ce partage !



mardi 14 juin 2016

Dans les jardins du Malabar




Dans les jardins du Malabar
Anita Nair

Editions Albin Michel - 2016


Mon avis

J'ai débuté ce roman avec le sentiment de lire un conte philosophique, à l'instar du roman de Paulo Coelho "L'Alchimiste".
Idris, éternel voyageur solitaire et guide spirituel se plaçait parfaitement dans ce contexte. 
Faut départ ! Ce livre riche de références, de vocabulaire et coutumes locales d'Inde et d'Afrique du 17ème siècle, n'a pour moi pas trouvé son véritable créneau.
Il n'est pas finalement pas un conte philosophique, ni un roman d'amour, pas plus qu'un roman d'aventures, ni même un roman historique... Peut-être un mélange de tout ça ? 
C'est bien écrit, les personnages sont intéressants sans toutefois être attachants, c'est agréable à lire, mais pas passionnant...
Ah dommage ! Je referme ce livre avec une impression de dispersion et de roman inachevé. 
Merci aux Editions Albin Michel ainsi qu'à Babelio pour cette lecture enrichissante.



Résumé de l'éditeur


Avec cette vaste fresque qui embrasse l'Orient du XVIIe siècle, de la Corne de l'Afrique jusqu'à l'Inde, Anita Nair, l'auteur du célèbreCompartiment pour dames se consacre cette fois au passé cosmopolite et à l'héritage épique de son pays natal.

En 1659, le Zamorin, tout puissant souverain du royaume de Malabar, s'apprête à célébrer somptueusement la fête du Mamangam. Idris, un marchand itinérant somalien, dont l'oeil d'or engendre émerveillement et incrédulité, est venu assister aux festivités. Par un étrange coup du sort, il va faire la connaissance de son fils, né d'une mystérieuse nuit d'amour neuf ans plus tôt. L'enfant n'a qu'une idée en tête : rejoindre les Chaver, une bande de de guerriers farouches, prêts à sacrifier leur vie pour tuer le Zamorin. Pour le soustraire à ce terrible destin, Idris lui propose de prendre la route à ses côtés. Le début d'un long voyage initiatique vers les mines de diamants de Golconde.


L'auteure

Anita Nair, qui vit à Bangalore, est l'auteur de plusieurs romans à succès, dont Quand viennent les cyclones et L'Inconnue de Bangalore parus chez Albin Michel en 2010 et 2013. Elle a également écrit plusieurs recueils d'essais et de nouvelles et a déjà été traduite en vingt-neuf langues. Compartiment pour dames est le roman qui l'a fait connaître en France.



mardi 31 mai 2016

Les amandes amères de Laurence Cossé



Les amandes amères de Laurence Cossé

Gallimard 2011

Mon avis

Aidez les autres n'est pas toujours chose aisée, d'autant plus quand l'origine sociale est éloignée de la notre et que l'on prétend apprendre à sa femme de ménage à lire et à écrire sans en avoir les qualifications. Parfois juste l'envie paraît suffire.
Ne pas blesser, ne pas s'imposer, savoir poser des limites, mais aussi savoir être souple, imaginatif, persévérant...
C'est avec beaucoup de respect, de sensibilité et d'authenticité que Laurence Cossé aborde ce sujet délicat.
On est bien loin d'une romance avec "une super héroïne" qui par sa générosité et son talent sauverait la "pauvre femme de ménage marocaine". 
Nous sommes à la limite du docu-fiction tellement ce roman sonne juste. 
Il s'agit simplement d'une histoire qui s'écoule avec vérité et altruisme, qui dénonce les difficultés rencontrées par les étrangers qui ne maîtrisent pas la langue du pays qui les accueille.
S'il reste comme un goût amer après cette lecture, ce n'est pas le livre qui est en cause, mais bien le système imparfait qui étiole ou brise les élans de solidarité.
J'ai beaucoup aimé la personnalité d'Edith pour sa patience et sa générosité à toute épreuve. Très bon livre !

Extrait du résumé de l'éditeur

Découvrant que Fadila ne sait ni lire ni écrire, Edith lui propose de lui apprendre à lire le français.
Fadila n'est pas jeune. Edith n'est pas entraînée.
L'apprentissage s'avère difficile. Ce qui semblait acquis un jour est oublié la semaine suivante...

Quelques extraits

"Elle se rappelle sont premier été, ce petit tas de signes inorganisés et méconnaissables : il est flagrant qu'un chemin considérable a été parcouru en sept mois. Un chemin de rien du tout considérable."

"- C'est déjà gentil qu'ils vous invitent chez eux.
- Gentil ? Non, c' pas gentil ! Des fois j' triste, je pleure.
- Il ne faut pas pleurer, Fadila.
- C' pas moi j'pleure, c'est mon cœur."


"Vous avez regardé le match à la télévision ?
- Non. Moi j'regarde pas parce que j' m' nerve si les Français gagnent pas.
- Vous êtes pour la France ?
- Quand même ! On mange le morceau de pain !"

vendredi 27 mai 2016

Juste avant l'oubli d'Alice Zeniter



Juste avant l'oubli d'Alice Zeniter

Flammarion - août 2015



Ma première rencontre avec Alice Zeniter. 

Déçue. L'écriture est belle, mais l'histoire ne m'a pas intéressée.
J'ai pataugé entre une histoire sombre où j'ai cru deviner les prémices d'un roman policier, ou celle d'un amour au bord de la falaise.
La pseudo intrigue policière n'est en réalité qu'une trame de fond. J'ai tenté de m'accrocher à la vie du couple à la dérive mais je me suis noyée dans l'ennui...
Dommage, j'avais vraiment envie d'aimer ce livre dont on a beaucoup parlé. Je devine une écrivaine talentueuse et sensible, mais je suis passée à côté de cet ouvrage. Il ne me reste qu'une impression de grisaille...

Résumé de l'éditeur


Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C'est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement, il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l'île n'a d'autre habitant qu'un gardien taciturne ni d'autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l'oeuvre de l'écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d'organiser les Journées d'études consacrées à l'auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l'occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui. Mais sur l'île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu'il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s'immiscer dans l'intimité du couple.

Quelques extraits

"Certaines maisons étaient là depuis des siècles et j'aurais cru que ça leur prendrait longtemps pour retourner à la terre. Mais non. Ce qui fait tenir une maison, ce ne sont pas les pierres, la maçonnerie. C'est la présence humaine à l'intérieur."

"Elle avait perdu le fil de ses pensées à nouveau. Sur ses lèvres flottait le sourire lointain que donnent les fantasmes de bonheur."

L'aviatrice





L'aviatrice

de Paula McLAIN

Presse de la Cité - décembre 2015

Mon avis


Si vous choisissez ce livre pour son titre ou sa couverture, il faut vous attendre à une surprise. L'aviation n'est absolument pas le sujet principal de cette histoire, ce n'est qu'à la fin du livre que le thème est abordé. 

Beryl Markham, l'héroïne de cette histoire, est une femme d'exception, une passionnée, une battante. J'imagine qu'en achetant "l'aviatrice" j'avais l'envie de rencontrer une personne de cet acabit, même si je ne m'attendais absolument pas à découvrir l'univers du cheval et plus particulièrement de l'élevage et du sport hippique. 
Si vous aimez les chevaux, n'hésitez pas !
Comme je n'avais pas lu le résumé de l'éditeur avant de commencer ma lecture, ma seconde surprise a été de retrouver les personnages de "La ferme africaine" de Karen Blixen (Out of Africa). 
J'avais été conquise il y a bien longtemps par le récit de Karen et bien évidemment par le beau Denys Finch Hatton. Les retrouver ici a été un vrai bonheur. Il m'arrive d'être déçue quand certains auteurs utilisent l'atmosphère, les lieux, les protagonistes d'un livre que j'ai aimé, je ressens même parfois comme un agacement... 
Pour celui-ci j'ai adhéré immédiatement.
L'écriture est belle, l'histoire passionnante, les personnages terriblement attachants.
Ce livre a été un vrai coup de cœur et m'a donné envie de relire "La ferme africaine" pour rester plus longtemps sous le soleil d'Afrique avec les kikuyus, Karen, Denys, Berkekey et les autres...




Résumé de l'éditeur


Beryl Markham a deux ans lorsque sa famille s'installe au Kenya en 1904. Très vite abandonnée par sa mère, elle est élevée par son père – entraîneur de chevaux de course – et par les natifs de la tribu Kipsigi, qui vivent sur les terres paternelles. Cette éducation non-conventionnelle pour quelqu'un de son rang fait d'elle une jeune femme audacieuse et farouche, qui voue un amour sans bornes à la nature sauvage et se moque de la bienséance. De mariages ratés en liaisons contrariées – elle tombe éperdument amoureuse de Denys Finch Hatton, l'amant de l'auteure Karen Blixen –, Beryl va peu à peu s'imposer comme l'une des femmes les plus singulières de son temps. Elle sera la première aviatrice à accomplir un vol transatlantique en solitaire d'est en ouest...
Avec pour décors les paysages majestueux de l'Afrique du début du XXe siècle, Paula McLain nous livre l'histoire d'une femme hors du commun qui n'aspire qu'à être libre.





Le début de l'histoire...




Un extrait

Je me rappelai le jour où un petit indigène m'avait demandé si on voyait Dieu quand on faisait de l'avion. Tom avait été là. Nous avions ri et secoué la tête. "Tu devrais peut-être aller plus haut alors", avait dit l'enfant"

dimanche 3 avril 2016

Si tu passes la rivière





Si tu passe la rivière
de Geneviève Damas

Editions Luce Wilquin - 2011




Geneviève Damas est une comédienne, metteur en scène et auteure belge née en 1970 .


Mon avis

Avec ce livre, on touche au Graal de l'émotion.
J'avais beaucoup aimé "Les trois lumières" de Claire Keegan pour son écriture fraîche et spontanée, mais je dois reconnaître que celle de Geneniève Damas m'a transcendée. 

Un assemblage de mots simples et justes confère à ce texte une retranscription fidèle de la pensée d'un jeune homme un peu "fada" avec ce qu'elle comporte de peine, d'interrogations, de peurs et de doutes. C'est la poésie du cœur que vous trouverez dans ce livre, celle qui n'est ni mièvre, ni emphatique, celle qui vous touche par ses accents de vérité, celle qui fait de la rusticité une vertu.

En plus de cette magnifique prose, chacun des protagonistes est rendu vivant et trouve sa place au cœur d'une intrigue forte et très bien menée. François, personnage central en mal d'amour est particulièrement bouleversant et l'approche faite par Geneviève Damas est saisissante.
Ne passez pas à côté de ce livre, c'est un premier roman, mais quel Roman !


Extrait du résumé de l'éditeur

François Sorrente est un jeune homme de dix-sept ans, le dernier d’une famille de cinq enfants. Élevé par sa sœur aînée, Maryse, à laquelle il voue un attachement sans borne, il vit dans la ferme familiale avec son père et deux de ses frères, Jules et Arthur. Il passe le plus clair de son temps à garder les cochons auxquels il parle et se confie.
..

Une page au hasard...


Un extrait

"Je ne sais pas si c'est la faute des livres, ce changement en moi, ou des lettres, ou des photos ou simplement de la visite de la vieille Lucie. C'est impossible de redevenir comme avant, même si je le voulais. Comme si je me mettais en tête de faire couler l'eau de la rivière dans l'autre sens, de la faire revenir dans sa source, ce serait sacrément fada, tu ne trouves pas ?"

dimanche 20 mars 2016

"Le second regard en art, est toujours superflu"



michael landy: saints alive



L'auteur

Jonathan Gibbs écrit régulièrement pour The Independent, The Daily Telegraph et The Times Literary Supplement. 
Randall est son premier roman.



Mon avis

Ce plongeon dans l'univers des "Young British Artists" a été pour moi une vraie découverte. Jonathan Gibbs nous offre avec une écriture fouillée et précise une belle opportunité de pénétrer dans le milieu marginal d'une époque très marquée par l'évolution de l'Art britannique.

J'imagine qu'un lecteur plus érudit appréciera davantage toutes les richesses culturelles et artistiques que contient ce livre, car, en ce qui me concerne, il m'a manqué le sésame pour en saisir l'intégralité... je pense être passée à côté de beaucoup de références.
Néophyte dans ce domaine, je me suis laissée guider, un peu à l'aveugle, par Vincent, personnage central de ce roman.
Nonobstant ce manque, j'ai apprécié l'histoire de Randall pour son texte vivant ponctué d'auto-questionnement, ses protagonistes atypiques et déjantés, son histoire d'amour, ses amitiés sincères qui apportent au récit toute l'intensité et l'originalité qui font de ce livre une oeuvre d'art !

Ce que j'ai apprécié également dans ce roman, c'est l’extraordinaire amitié de Vincent pour Randall, sa sagesse à toute épreuve, son bon sens et sa bienveillance pour tous. Il m'a semblé que l'auteur devait être un homme à son image pour l'avoir si bien mis en scène... Il émane de ce livre une impression de gentillesse et de sérénité malgré les extravagances et les incartades de l'artiste.

Merci aux éditions Buchet Chastel et à Babelio pour m'avoir permis de combler un peu mon ignorance, je ne regarderai plus les œuvres d'art avec le même œil à présent !
Damien Hirst

Résumé de l'éditeur


Que se serait-il passé si Damien Hirst n’avait jamais existé ? Si le jeune artiste britannique le plus célèbre et le plus influent des trente dernières années avait été quelqu’un d’autre ? Quelqu’un d’encore plus provocateur, plus scandaleux et de beaucoup, beaucoup plus drôle ?

C’est le scénario que met en scène Randall, formidable premier roman campé dans le Londres des années 1990, de la « Cool Britannia », et de l’émergence des « Young British Artists ».
Randall retrace la trajectoire de son héros éponyme – un subversif et génial artiste contemporain –, depuis son diplôme d’école d’art jusqu’aux somptueuses soirées financées par de richissimes banquiers de la City. L’intrigue se noue autour de la découverte, par la veuve et le meilleur ami de Randall, des années après sa mort, d’une cache de dessins et peintures pornographiques qui compromettent l’ensemble des acteurs du monde de l’art et de la finance de l’époque. Que faire de ces brûlots estimés à des millions de dollars et qui révolutionneront sans aucun doute l’histoire de l’art contemporain ?
Intrigant portrait d’artistes en devenir, histoire d’amour et d’amitié s’il en est,Randall propose une plongée dans un moment clé de l’histoire de l’art et relate avec humour et cruauté la folie financière contemporaine et l’explosion d’une société où ne fait plus sens que ce qui s’achète, et s’achète cher.

Damien Hirst

One of the Chapman Brothers' less disturbing creations

Quelques extraits

"Tout personne persuadée que l'art est une question de savoir-faire, ou de beauté, était l'esclave d'idées dépassées."

"Voilà, s'il en fallait une, ma définition de l'amitié. Si le fait de côtoyer quelqu'un ne fait pas de vous une autre personne, alors ce n'est pas un ami, c'est une relation."

"Le danger du succès, c'est d'échouer à grandir en proportion, comme artiste. Il faut devenir meilleur à mesure qu'on devient célèbre."

" Ne pas interroger le tableau, mais attendre qu'il se révèle. Lui donner le temps de démentir sa première impression, de balbutier et brouiller son récit. Le fixer du regard jusqu'à ce que le tableau cède."

mercredi 17 février 2016

Le premier été - Anne Percin



Le premier été

Anne Percin

Editions La Brune


Née en 1970 à Épinal, Anne Percin vit en Saône-et-Loire où elle partage sa vie entre l’enseignement et l’écriture. 
Elle écrit à la fois pour la jeunesse et les adultes. 
Elle est notamment l’auteur à succès d’une trilogie pour adolescents, Comment (bien) rater ses vacances.



Mon avis

Cette histoire entre deux adolescentes en vacances chez leurs grands-parents s'annonce comme un roman tendre et léger.
Et Pourtant...
L'écriture d'Anne Percin, belle, limpide comme les yeux des enfants, raconte l'histoire d'une jeune fille pour qui les effluves sucrées des premiers émois et la désinvolture propre à son âge prennent un goût aux accents amers qui engendre progressivement un profond désir de résipiscence. Curieux et injuste mélange où la pureté et l'innocence flirtent avec la honte, la poisse et l'intolérance...
J'ai beaucoup aimé la plume de cette auteure, capable de mêler dans une même phrase poésie et cruauté : 
"Comme un blessé, à qui les coquelicots faisaient des blessures en fleurs."
Ce livre est un coup de cœur ! Il me semble tellement difficile de rapporter dans ce billet toute la justesse des émotions que ce roman contient qu'il me paraît bien plus pertinent de vous recommander de le lire... Et puis je n'aime pas trop en dire, c'est si bon de découvrir !

Un passage...



Résumé de l'éditeur

Deux sœurs se retrouvent une fin d'été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village... 
Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé fait surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa sœur aînée a fondé une famille, elle, non. 
Devenue libraire, c'est une femme solitaire. A l'adolescence, déjà, elle passait des heures dans les livres. Mais pour ce qu'elle a vécu ici, l'été de ses seize ans, l'été de sa lecture du Grand Meaulnes, "il n'y a pas eu de mots. 
Il n'y en a jamais eu, ni avant, ni après. C'est quelque chose qui ne ressemble à rien d'écrit." Quinze années ont passé, et personne n'a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a peut-être été coupable. C'est une histoire d'innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Sensuelle et implacable à la fois, douce-amère comme tous les crève-cœurs de l'enfance.

Quelques extraits...

"Il venait d'apprendre la raison à grands coups de pied dans le cœur. Les leçons de courage sont des leçons de cruauté."

"J'avais perdu le fil qui me tirait vers l'âge adulte. Tu n'étais plus là pour me montrer la voie."


mardi 16 février 2016

A la trace de Carole Zalberg




A la trace
Carole Zalberg 

Editions Intervalles



Carole Zalberg est une romancière, parolière et critique littéraire née à Paris en 1965. 
Elle a notamment publié 
Chez eux (Phébus, 2004), 
Mort et Vie de Lili Riviera (Phébus, 2005), Et qu’on m’emporte (Albin Michel, 2009), 
À défaut d’Amérique (Actes Sud, 2012),
Feu pour feu (Actes Sud, 2014). 
Elle a reçu plusieurs prix littéraires dont le Grand Prix SGDL du Livre Jeunesse et le Prix Littérature Monde. 
Elle anime aussi régulièrement des ateliers d’écritures et des rencontres littéraires. (édition Intervalles)

Mon avis

Étourdie. 
Je referme ce livre étourdie par les émotions que je n'ai pas vu arriver et qui m'ont parfois submergées. 
Surprise aussi. 
Surprise par cette écriture qui évoque et  interroge plus qu'elle ne raconte, par ces bribes de récits claquées telles quelles, mais aussi par "ce petit monde", cette famille inconnue du lecteur qu'on aurait pourtant presque envie de tutoyer.
Pas de mots ni de phrases superflues. Juste l'essentiel. 
C'est un carnet de voyage en Israël mais aussi une errance dans la vie des autres, remplie d'interrogations qui peinent à trouver réponses.
Lorsque Carole Zalberg évoque son absence d'émotion devant le Mur des Lamentations, je comprends le "trop de noms peut-être". J'ai visité l'an dernier la Maison des enfants d'Izieu (le mémorial des enfants juifs exterminés) et je suis restée presque imperméable à cette liste déshumanisée. En revanche, j'ai été bouleversée par les dessins des enfants, par les lettres destinées à leurs parents et par les témoignages audio.
Ce livre n'est pas un livre d'Histoire, ni un énième ouvrage sur l’antisémitisme. C'est un récit sincère et profond sur les liens familiaux, sur les origines, sur les blessures d'hier et d'aujourd'hui d'un pays tourmenté, mais aussi un formidable appel à la tolérance et à la fraternité.
Merci à Babelio et aux éditions Intervalles pour ce livre que j'ai reçu dans le cadre de l'opération Masse critique, et surtout merci à Carole Zalberg pour son envie et sa capacité à partager.

La maison d'Izieu : http://www.memorializieu.eu/?page_id=2


Une page...




Résumé de l'éditeur


Carole Zalberg a passé, entre le 16 avril et le 16 mai 2015, un mois en Israël dans le cadre d’une mission Stendhal de l’Institut Français, pour un projet de fiction inspirée de la vie de ses trois cousins germains nés là-bas. C’était la première fois en 30 ans qu’elle revenait sur cette terre « magnifique et compliquée ».

Pour sa famille installée en Israël, c’était une évidence, elle viendrait un jour s’établir là, « chez elle ». Mais pourquoi envisager un exil si l’on n’éprouve pas le besoin de se mettre à l’abri d’une hypothétique menace ? Et une terre, quelle qu’elle soit, peut-elle vraiment être synonyme de sécurité ?
À travers ce journal de Tel Aviv, Carole Zalberg explore l’ambiguïté de son lien avec cette « terre promise » et interroge les malentendus d’une famille que l’exil rassemble et éloigne à la fois.

Quelques extraits

"A l'instant, le temps d'une sirène en mémoire des soldats morts au combat. Dans cette ville vrombissante, l'absence soudaine de tout mouvement ou bruit est particulièrement saisissante. Je me prends à rêver d'une telle sirène retentissant dans le monde entier pour chaque mort causée par les hommes. Mais on ne vivrait plus."

"Je l'ai trouvé un peu trop propret et luxueux, cet endroit, avec ses boutiques ultra-chics. A décourager les plus modestes des Telaviviens. Et ça m'a agacée comme si c'était ma ville et qu'en voulant l'embellir on la dénaturait."

"Mais mon petit-fils demande ce que cette injure, juif, signifie et son père lui répond qu'elle n'est rien et les effacés en moi se révoltent et je sais qu'en oubliant nous avons gagné l'ignorance et non la paix."

Aussi dans ma PAL : A défaut d'Amérique...